La Petite Chapelette

La petite chapelle du lieu-dit La Chapelette fait partie des sites à visiter dans la commune de Sanilhac tant elle relève du patrimoine communale. D’une superficie intérieure de quelque 20 m2, elle peut regrouper une vingtaine de personnes à même de se recueillir devant une statue de la Vierge.

L’historique ci-après mentionne les raisons de cette construction des plus emblématiques sur l’histoire du pays.

Bref historique de la chapelle.

La Peste ayant sévit en 1721 dans la région, la commune de Laurac en Vivarais commune voisine de Sanilhac, étant touchée par cette maladie qui fit plusieurs morts, tous les habitants de Sanilhac, pour éviter que ce malheur ne s’abatte sur eux, firent un vœu auprès de l’église et promirent que, si la commune était épargnée par cette maladie, une chapelle serait construite en remerciements.

Ce qui fut le cas et un emplacement pour satisfaire tous les habitants fut trouvé au lieu-dit La Chapelette. Le démarrage de cet édifice vit le jour en 1746 et se termina en 1808. Il fut construit en pierre de gré du pays.

Deux détails dans la construction apparaissent lors d’une visite : une rosasse extérieure taillée sous le clocher et à même la pierre, qui représente une dévotion à la Vierge Marie mais aussi un double bénitier, intérieur et extèrieur à l’édifice qui permettait aux personnes atteintes de la lèpre (et qui ne pouvaient pénétrer dans la chapelle), de se signer de l’extérieur.

C’est en 2013 que la municipalité décida d’acquérir pour l’euro symbolique le terrain où est implantée la chapelle, en 2015 la restauration de celle-ci fut réalisée (toiture, peinture zinguerie …).

Depuis la chapelle est ouverte au public d’avril à octobre pour permettre aux personnes de se recueillir et de faire à leur tour un vœu ….. car il se chuchote dans certaine chaumière que tout vœu fait dans cette chapelle se réalise un jour ou l’autre.

LA TOUR DE BRISON

La tour de Brison

La Tour de Brison relève du domaine privé de la commune. Juchée sur un point haut des contreforts du Vivarais à quelque 780 mètres d’altitude, elle domine tout le paysage alentour d’ouest en est depuis le massif du Tanargue (1450 mètres) jusqu’à la vallée de l’Ardèche, et du sud au nord depuis le col de l’Escrinet (750 m) jusqu’à la région d’Alès.

La vue s’étend sur plus de 100 km dominant 40 villages et communes du sud du département. Deux tables d’orientation ont été aménagées.Par temps dégagé pointent les sommets du Pelvoux et du Viso en Italie.C’est un lieu très fréquenté par les touristes et randonneurs, quelles que soient les périodes de l’année et notamment les week-ends; le summum des visites étant l’ouverture de la tour à l’occasion des journées portes ouvertes ou journées du patrimoine de la mi-septembre de chaque année. On compte à cette occasion quelque 350 à 400 visiteurs sur deux demi-journées d’ouverture.

La tour a fait l’objet d’une remarquable restructuration depuis 1989 par une association dite  » les amis de la tour de Brison «  Deux objectifs majeurs en ont marqué la réalisation : restituer un patrimoine médiéval qui tombait en ruine et subvenir à la lutte contre les incendies par la mise en place ( en accord avec le SDIS – Service Départemental d’Incendie et de Secours ) d’une vigie sur son chemin de ronde qui culmine à 17 mètres Le coût des travaux supportés par subventions et dons successifs pendant 25 ans s’élève à 300 000 euros soit 12000 euros par an.. Le prix  » Rhône – Alpin  » de 5000 euros a été décerné à l’association en 2006.

A ce jour les travaux d’ensemble sur la tour sud ouest ( voir historique) sont terminés. C’est pourquoi l’association vise dorénavant à stabiliser la base des deux autres tours nord et est ( aux pierres descellées ) et si possible celles des remparts

L’historique de la Tour.( selon M. Exbroyat, historien).

 » Perché à 780 mètres sur un plateau rocheux vraisemblablement occupé par les celto-ligures (lieu de culte) puis par les romains (oppidum qui permettait le contrôle des accès vers le Tanargue et le Haut Vivarais) … et peut-être par les Sarrasins, le site de Brison se trouvait au centre de l’immense domaine légué à l’évêque de Viviers par Aginus et son épouse Pétronille au VI ème siècle.

La première mention écrite de Brison date de 1210 avec Etienne de Taurier, seigneur des lieux suivi de la grande famille des Beauvoir du Roure : Rostaing 1er (1583) Joakim, capitaine protestant et François 1er, baron de Beaumont (1705). Les Brison pendant des siècles jouent un rôle très important dans l’histoire du Bas Vivarais

Le domaine castral de Brison était une importante forteresse vraisemblablement construite au VII ème siècle. Une description nous est laissée par le notaire Duroure qui habitait aux Deux Aygues : «  le château était fortifié de trois grosses tours carrées triangulairement placées, distantes de 50 pieds l’une de l’autre, 100 pans de hauteur, ( 27 m) d’une épaisseur considérable et proportionnée à leur hauteur ( 1,80 m à la base) ayant trois voûtes l’une sur l’autre…. les bords de l’emplacement étaient fortifiés de bons et gros remparts garnis de redoutes et meurtrières… une citerne profonde avait été creusée dans le roc, dans l’enceinte du fort et au devant de la grande tour afin d’avoir l’eau pour son usage dans le cas d’un siège où l’on ne pourrait pas sortir pour prendre de l’eau à la source, sortant du rocher »

L’ensemble castral joue un rôle prépondérant dans les guerres de religion et servira de refuge aux armées protestantes. Sa position stratégique au coeur d’un système d’alerte et de défense du Vivarais méridional en fait un site très convoité. A la Révolution, l’édifice est est qualifié « d’insulte à la liberté et à l’Egalité« , puis condamné. Le District du Tanargue ( du nom du dieu gaulois du tonnerre) est chargé de sa démolition.

Tandis que les tours N et E servent, dit-on, à la construction du nouveau château en contre-bas ( aujourd’hui en ruines), la tour sud ouest est abandonnée, progressivement dégradée par les siècles. Le dernier propriétaire en fera don à la commune en 1978.

De ce délabrement est née une légende qui fait intervenir le diable et le seigneur de Brison, texte que vous pouvez la lire sur la tablette au pied de la stèle située à Sanilhac sur la route menant au chef-lieu.

« Le Sire de Brison, combattant aux croisades, apprend que sa femme va épouser un autre
seigneur. Il fait un pacte avec le Diable qui le transporte en une nuit de Palestine en Vivarais,
juste à temps pour empêcher le mariage.
Brison se bat avec son rival et tous deux meurent, mais Brison a le temps de se réconcilier avec Dieu et manque ainsi de parole à Lucifer qui, de dépit, emporte une pierre de la tour et vient toutes les années, le même jour, à la même heure, en emporter une autre.
La légende prétend que lorsque la dernière pierre aura disparu, ce sera la fin du monde. »

A ce jour, selon la Rédaction, nous n’y sommes pas encore !!!

Le monument des fusillés d’avril 1944

Situé en retrait du chef-lieu, en bordure de la route départementale 303 conduisant à Vernon et localisé sur les lieux mêmes des méfaits ( clairière en forêt) , il commémore un sinistre épisode de la guerre 39-45 sur le territoire communal. Chaque année au mois d’avril, les habitants de la commune et de nombreux élus et anciens combattants des communes du Teil et de Sanilhac viennent se recueillir ( drapeaux déployés et fanfare en action) devant la stèle des 10 prisonniers du Teil qui ont été fusillés par les Allemands en avril 1944 en représailles d’une intervention armée des maquisards locaux.
Un extrait des évènements (issu d’un texte de M. Robert BRUGERE ) est ici exposé.

 » En 1944, des maquisards logeaient dans le château de Brison en partie délabré, appartenant à M. Guibourdenche propriétaire d’une ferme voisine. Dénoncés par des miliciens français, ils firent l’objet d’une tentative d’attaque par un détachement allemand venus du Teil le dimanche 10 avril 1944. Avertis du déplacement, ils s’échappèrent et en représailles les allemands prirent quelques habitants de la commune pour les interroger et vraisemblablement les fusiller. Ce qui n’a pas eu lieu car l’un des habitants et un milicien s’étaient trouvés ensemble dans un sanatorium.
Néanmoins ils se sont saisis de M. Guibourdenche, propriétaire du château, pour vraisemblablement l’emmener au Teil et l’interroger.

Des bois tout proches, les maquisards ont assisté à la scène et ont improvisé une embuscade afin de le libérer et d’infliger des pertes aux Allemands. Cinq d’entre eux ont été tués. Dans la confusion, M. Guibourdenche a réussi s’échapper mais il a été sérieusement blessé (une dizaine de balles dit-on) avant de tomber dans un fossé où il a fait le mort. L’un des miliciens aurait constaté qu’il « avait son compte ». En réalité il fut transporté par la suite dans une maison de résistants puis à Aubenas où il a été opéré ( Dr Joly ). On note que ce propriétaire ardéchois a vécu longtemps après, sauvé par sa corpulence et l’absence de blessures en zone vitale.

Les allemands n’en sont pas restés là et ont décidé de revenir quelques jours plus tard pour fusiller 10 otages sur place (deux pour un allemand tué) en choisissant des prisonniers (juifs et résistants) des prisons du Teil et de Viviers. Parmi eux se trouvait M. Tonneau, un très jeune résistant ( 20 ans à peine), transportés comme les autres otages par camion mais au nombre de 11 à la suite d’une confusion entre les prisons des deux localités. Relégué au fond du véhicule pour éviter toute tentative de fuite, il assista à l’exécution 1 à 1 des 10 premiers otages ».

Ce sinistre épisode a marqué les esprits et perpétré le souvenir de ces victimes, commémoré aujourd’hui et chaque année à Sanilhac par la population et les Anciens combattants du Teil et de Viviers.

Quant au jeune Tonneau, il a été ramené à Viviers pour être déporté mais il réussi à s’échapper en gare de Lyon à l’occasion d’un changement de train. Il échappa ainsi à la mort une seconde fois. Aujourd’hui il vit toujours à Viviers et a participé à la rédaction de l’ouvrage et du CD  » La Résistance dans l’Ardèche ».