LA TOUR DE BRISON

La tour de Brison

La Tour de Brison relève du domaine privé de la commune. Juchée sur un point haut des contreforts du Vivarais à quelque 780 mètres d’altitude, elle domine tout le paysage alentour d’ouest en est depuis le massif du Tanargue (1450 mètres) jusqu’à la vallée de l’Ardèche, et du sud au nord depuis le col de l’Escrinet (750 m) jusqu’à la région d’Alès.

La vue s’étend sur plus de 100 km dominant 40 villages et communes du sud du département. Deux tables d’orientation ont été aménagées.Par temps dégagé pointent les sommets du Pelvoux et du Viso en Italie.C’est un lieu très fréquenté par les touristes et randonneurs, quelles que soient les périodes de l’année et notamment les week-ends; le summum des visites étant l’ouverture de la tour à l’occasion des journées portes ouvertes ou journées du patrimoine de la mi-septembre de chaque année. On compte à cette occasion quelque 350 à 400 visiteurs sur deux demi-journées d’ouverture.

La tour a fait l’objet d’une remarquable restructuration depuis 1989 par une association dite  » les amis de la tour de Brison «  Deux objectifs majeurs en ont marqué la réalisation : restituer un patrimoine médiéval qui tombait en ruine et subvenir à la lutte contre les incendies par la mise en place ( en accord avec le SDIS – Service Départemental d’Incendie et de Secours ) d’une vigie sur son chemin de ronde qui culmine à 17 mètres Le coût des travaux supportés par subventions et dons successifs pendant 25 ans s’élève à 300 000 euros soit 12000 euros par an.. Le prix  » Rhône – Alpin  » de 5000 euros a été décerné à l’association en 2006.

A ce jour les travaux d’ensemble sur la tour sud ouest ( voir historique) sont terminés. C’est pourquoi l’association vise dorénavant à stabiliser la base des deux autres tours nord et est ( aux pierres descellées ) et si possible celles des remparts

L’historique de la Tour.( selon M. Exbroyat, historien).

 » Perché à 780 mètres sur un plateau rocheux vraisemblablement occupé par les celto-ligures (lieu de culte) puis par les romains (oppidum qui permettait le contrôle des accès vers le Tanargue et le Haut Vivarais) … et peut-être par les Sarrasins, le site de Brison se trouvait au centre de l’immense domaine légué à l’évêque de Viviers par Aginus et son épouse Pétronille au VI ème siècle.

La première mention écrite de Brison date de 1210 avec Etienne de Taurier, seigneur des lieux suivi de la grande famille des Beauvoir du Roure : Rostaing 1er (1583) Joakim, capitaine protestant et François 1er, baron de Beaumont (1705). Les Brison pendant des siècles jouent un rôle très important dans l’histoire du Bas Vivarais

Le domaine castral de Brison était une importante forteresse vraisemblablement construite au VII ème siècle. Une description nous est laissée par le notaire Duroure qui habitait aux Deux Aygues : «  le château était fortifié de trois grosses tours carrées triangulairement placées, distantes de 50 pieds l’une de l’autre, 100 pans de hauteur, ( 27 m) d’une épaisseur considérable et proportionnée à leur hauteur ( 1,80 m à la base) ayant trois voûtes l’une sur l’autre…. les bords de l’emplacement étaient fortifiés de bons et gros remparts garnis de redoutes et meurtrières… une citerne profonde avait été creusée dans le roc, dans l’enceinte du fort et au devant de la grande tour afin d’avoir l’eau pour son usage dans le cas d’un siège où l’on ne pourrait pas sortir pour prendre de l’eau à la source, sortant du rocher »

L’ensemble castral joue un rôle prépondérant dans les guerres de religion et servira de refuge aux armées protestantes. Sa position stratégique au coeur d’un système d’alerte et de défense du Vivarais méridional en fait un site très convoité. A la Révolution, l’édifice est est qualifié « d’insulte à la liberté et à l’Egalité« , puis condamné. Le District du Tanargue ( du nom du dieu gaulois du tonnerre) est chargé de sa démolition.

Tandis que les tours N et E servent, dit-on, à la construction du nouveau château en contre-bas ( aujourd’hui en ruines), la tour sud ouest est abandonnée, progressivement dégradée par les siècles. Le dernier propriétaire en fera don à la commune en 1978.

De ce délabrement est née une légende qui fait intervenir le diable et le seigneur de Brison, texte que vous pouvez la lire sur la tablette au pied de la stèle située à Sanilhac sur la route menant au chef-lieu.

« Le Sire de Brison, combattant aux croisades, apprend que sa femme va épouser un autre
seigneur. Il fait un pacte avec le Diable qui le transporte en une nuit de Palestine en Vivarais,
juste à temps pour empêcher le mariage.
Brison se bat avec son rival et tous deux meurent, mais Brison a le temps de se réconcilier avec Dieu et manque ainsi de parole à Lucifer qui, de dépit, emporte une pierre de la tour et vient toutes les années, le même jour, à la même heure, en emporter une autre.
La légende prétend que lorsque la dernière pierre aura disparu, ce sera la fin du monde. »

A ce jour, selon la Rédaction, nous n’y sommes pas encore !!!